La Sofia a conduit une étude, avec le ministère de la Culture, sur ce marché de la seconde main pour le livre. Les premiers résultats communiqués ce jour démontrent une appétence grandissante des lecteurs, alors qu’en parallèle, les exemplaires neufs perdent des clients.
Étude – La vérité sur le marché du livre d’occasion en France
Un livre sur cinq est acheté d’occaz — et principalement sur internet, qui représente un ouvrage d’occasion vendu sur deux. La librairie n’aurait-elle pas sa place ?
Trouver son modèle…
Les grandes enseignes comme Fnac ou Furet-Decitre (Nosoli) déploient dans leurs magasins des tables aux prix attractifs. Nosoli avait d’ailleurs racheté Chapitre.com, spécialisé dans les livres rares, voire introuvables, justement dans cette perspective.
Avec un système de rachat auprès des clients, contre un bon d’achat, la librairie Forum du livre (Rennes) expérimente cette solution depuis le début de l’année.
D’autres, comme Sauramps Comédie, cherchent également à élargir leur proposition, toujours avec le prisme budgétaire. À l’hiver 2021, la boutique montpelliéraine a mis en place collecte et vente, sous certaines conditions — les romans en grand format de plus de 6 mois sont exclus. L’approche demeure celle d’une « alternative d’achat responsable », promet-on.
Le modèle de L’Armitière (Rouen), mis en place en septembre 2022 expérimente une voie qui cherche la fidélisation des clients. Tout ouvrage de fiction grand format neuf, acheté dans les murs, peut revenir — dans une limite de deux mois. Les libraires rachètent à 35 % du prix éditeur et remettent dans le circuit, en occaz, à 80 %.
1 % du chiffre d’affaires
Faire cohabiter du neuf et de l’occasion, pas évident, de fait. L’an dernier, l’agence régionale du livre Provence-Alpes-Côte d’Azur diffusait un guide pratique pour accompagner les libraires intéressés. Le livre d’occasion, comment, pourquoi et surtout, pour qui ?
La seconde main étoffe le fonds et complète l’offre, facilite le déstockage de titres trop anciens et construit une autre relation au livre et aux clients. La librairie, commerce de proximité par essence, a ainsi face à elle nombre de concurrents, sur internet, que 78 % des Français privilégient.
Or, si l’intérêt des lecteurs pour ces ouvrages dégriffés ne cesse de croître — 34 % d’entre eux en 2022 — le sondage effectué auprès des membres du Syndicat de la Librairie Française expose bien la situation.
20 % des librairies versent dans l’occasion
Sur 3500 librairies indépendantes en France, le SLF revendique plus de 700 adhérents. Seuls 175 ont répondu au questionnaire, soit 25 % des membres du syndicat, mais plus globalement, 5 % des librairies de l’Hexagone. Les éléments qui suivent devront donc être reçus avec quelques réserves.
On recense ainsi 20 % des répondants qui disposent d’une offre de seconde main dans leur établissement. Et la moitié d’entre eux l’anime de façon régulière durant toute l’année. C’est avant tout pour satisfaire une demande de la clientèle, voire séduire de nouveaux lecteurs, que les répondants ont déployé cette offre. Qui ne représente que moins de 1 % de leur chiffre d’affaires : pas de quoi s’affoler. Ainsi, plus de la moitié n’envisage pas de développer l’activité.
Reste donc que 80 % ne s’en préoccupent pas le moins du monde. Les deux tiers ne l’envisagent d’ailleurs pas en tant que développement de leur activité. Toutefois, 7 % d’entre eux ont une solution de rachat de titres, sans passer à la revente pour autant. Enfin, la moitié des dirigeants indique que, bien que n’ayant pas d’offre, leurs clients en formulent toutefois la demande.




