Petite histoire de la dé-diabolisation du RN 

Ce serait donc, en quelque sorte, une donnée établie de l’histoire de l’extrême-droite. Il y aurait eu d’abord le Front national du père, puis le Rassemblement national de la fille, le passage de l’un à l’autre assuré par l’opération dite de la dé-diabolisation. Cette fable, car il s’agit bien d’une fable, fait figure de dogme …

Ce serait donc, en quelque sorte, une donnée établie de l’histoire de l’extrême-droite. Il y aurait eu d’abord le Front national du père, puis le Rassemblement national de la fille, le passage de l’un à l’autre assuré par l’opération dite de la dé-diabolisation. Cette fable, car il s’agit bien d’une fable, fait figure de dogme au Rassemblement National. Défense d’en rire, sous peine d’être traité comme un dissident. Mais, ce qui est plus étonnant, c’est que la même fable est reprise, sans vergogne, par les intellectuels attirés ou dupés par l’extrême droite, par une partie de la droite (opportunisme électoral ou proximité idéologique), et par ceux qui, horrifiés à juste titre par certains propos de Mélenchon, en viennent à poser que « mieux vaut le RN que LFI ». Toutes ces positions ne peuvent être confondues ; mais elles ont toutes en commun de valider et de s’appuyer sur la fable de la dé-diabolisation. L’emploi fautif du qualificatif de « populiste » pour définir le Rassemblement National n’a pas d’autre signification que d’édulcorer les positions politiques et idéologiques fondamentales du RN et en proposer une version lénifiante qui permette de l’accepter au sein de « l’arc républicain ».  Et surtout, car telle est, depuis le début, la signification mal cachée de la fable de la dé-diabolisation, la banalisation du RN vise à discréditer les opposants à l’extrême-droite, jeu favori et mesquin des intellectuels et des médiatiques ralliés.

Pourtant il n’y a pas à chercher bien loin pour trouver, sinon la vérité historique sur la dé-diabolisation, du moins quelques informations utiles, et parfaitement significatives sur la nature exacte du RN. Dans les textes de chercheurs tels que Valérie Igounet, Alexandre Dézé, Nicolas Lebourg et bien d’autres, on découvre que le thème de la dé-diabolisation parcourt toute l’histoire du FN et du RN, et qu’il assure pour une large part la continuité entre les deux partis, et non pas la césure, comme la fable le voudrait. Finalement les versions successives de cette dé-diabolisation forment autant d’entrées, assez explicites, pour l’analyse du parti le peniste au point que la dé-diabolisation est une sorte d’introduction à l’histoire de l’extrême-droite française, des années 1970 à aujourd’hui.

En comparaison, Jean-Marie Le Pen passait pour présentable !

Première version de la dé-diabolisation, qui ne porte pas encore son nom : rien moins que la création du Front national lui-même. Les jeunes lecteurs de « Faire Face [à l’extrême droite] » – nés à la fin du XXème siècle ou au début du suivant – auront quelques difficultés à s’imaginer une situation aussi invraisemblable que celle qui prévalait dans les années 70 à l’extrême droite française et qui devait conduire certains de ses animateurs à considérer Jean Marie Le Pen comme le plus représentable de ses différents dirigeants !

L’histoire de ce courant est plutôt compliquée. Après Jeune Nation et Occident, le principal groupe du moment était Ordre Nouveau, tous groupes qu’on peut définir comme néo-fascistes sans faire preuve d’excès. Ils se qualifiaient eux-mêmes de fascistes, d’extrême droite, de nationalistes révolutionnaires. Les militants d’Ordre Nouveau ressemblaient à des Lego peints en noir, portant le casque, arborant la croix celtique, très attachés à la barre de fer, mais sensiblement moins nombreux que leurs homologues d’extrême-gauche et donc incapables de tenir la rue, leur vocation première. Entre deux affrontements particulièrement sévères, dont le deuxième entraîna la dissolution d’Ordre Nouveau et de plusieurs groupes gauchistes, François Duprat, l’animateur le plus capable du groupe, impulsa la création du « Front national pour l’unité française », titre ultérieurement réduit à « Front national ». L’idée de Duprat et de quelques autres était de doter l’extrême droite d’une vitrine légale, plus large, c’est-à dire étendue à certaines fractions de la droite extrême, plus unifiée, ce qui à l’époque relevait du mirage, enfin, sinon respectable, du moins plus présentable, autre mirage. Leur perspective immédiate était la participation aux élections législatives de 1973. Ce Front National devait avoir un chef, car tout mouvement d’extrême droite doit avoir un chef, et, si possible, un Chef en majuscules. La chose était compliquée, car ce chef devait être un Chef, mais sans trop se prendre pour le Fuhrer ni le Duce, ni Jacques Doriot, ni trop leur ressembler. Et il devait, chose improbable, respecter les différentes composantes du Front…

Aussi curieux que cela puisse sembler aujourd’hui, Le Pen parut l’homme de la situation. Les extrémistes ne doutaient pas qu’il le fut lui-même. Mais il avait été jeune député chez les poujadistes, directeur de campagne de Tixier-Vignancourt, le candidat d’extrême droite aux premières élections présidentielles de 1965. Il n’appartenait à aucun groupe, il leur semblait le plus présentable. Il faut dire qu’à la tête du nouveau Front, se retrouvaient des spécimens plutôt marqués et visibles du fascisme, et de la collaboration avec les nazis, comme François Brigneau, directeur de Minute et ancien milicien, Léon Gaultier, un des fondateurs de la Milice française, ex Waffen SS, Pierre Bousquet, lui aussi ancien de la Waffen SS, ou Victor Barthelemy, ancien Secrétaire général du PPF de Doriot, participant volontaire à la rafle du Vel d’Hiv. Quant au programme d’unité, Jean-Marie Le Pen le résumait ainsi : « Vous maurassiens, vous intégristes, vous anciens fascistes, laissez de côté vos querelles, venez sous la bannière du Front national défendre la droite nationale, sociale et populaire. »

1989 : Le mot « dé-diabolisation » apparaît

Dans Le Monde du 2 septembre 1989, le journaliste Olivier Biffaud rapporte que le Front national, réuni pour son université d’été à La Baule, a décidé d’entamer sa « dé-diabolisation ». Le terme est un néologisme, construit à partir de « diabolisation », également un néologisme. Les deux sont aujourd’hui d’un usage courant qui tend à masquer que cette initiative lexicographique est due au FN lui-même, du moins à une partie du FN. En 2015, le néologisme « dédiabolisation » fera son entrée dans le dictionnaire Larousse, consacrant le succès lexicographique du RN.

En apparence, il s’agit de mener une « contre-offensive théorique » pour construire une nouvelle légitimité du Front National, en combattant les critiques de ses adversaires qui visent à le rendre illégitime, à le disqualifier : au fond, rien d’inhabituel, une simple lutte idéologique. Mais en réalité, à l’intérieur du parti, deux courants s’affrontent sur la signification réelle du binôme diabolisation/dédiabolisation.

Pour les uns, il procède exclusivement des critiques extérieures. C’est le cas de Le Pen lui-même, qui entend d’autant moins plier devant ces critiques, qu’en adepte convaincu de l’action psychologique d’extrême droite, il est partisan de renouveler régulièrement, par des piqûres de rappel provocatrices, le caractère clivant du Front national et de marquer ainsi idéologiquement les militants et les électeurs en les impliquant dans une orientation extrémiste.

Pour d’autres responsables du Front national, à commencer par Bruno Mégret, le délégué général, la diabolisation est aussi, en premier lieu, la conséquence des critiques extérieures qui visent à disqualifier le projet nationaliste ; mais ces critiques sont renforcées par les maladresses d’expression, voire les provocations venues de l’intérieur. L’idée générale est que le Front National qui a réussi à sortir de son marasme politique à partir de 1982 risque d’y revenir par une communication inappropriée.

Bruno Mégret réinvente la dé-diabolisation

Et Bruno Mégret réinventa, ou, plutôt, tenta de réinventer la dédiabolisation. Valérie Igounet a fait connaître un document important : une note interne du cercle mégrétiste au sein du Front national qui mérite d’être citée tout entière tant elle est explicite sur la signification fondamentale et la portée de la manœuvre de dédiabolisation.

Selon cette note, la dé-diabolisation mégrétiste repose sur 7 points :

1. « Combattre la qualification d’extrémisme ». Il s’agit d’utiliser des termes simples et peut-être de « désigner et de stigmatiser les mouvements d’extrême droite afin de nous démarquer géographiquement et idéologiquement de ce qualificatif ».

2. « Riposter aux accusations sur la Seconde guerre mondiale ». Le FN veut faire connaître par des « documents grand public » sa position qui doit rappeler la « condamnation du nazisme et de ses exactions, celle du régime de Vichy, la présence d’anciens résistants dans nos rangs et notre discours de réconciliation nationale ».

3. « Mettre les lobbies en porte-à-faux ». Il serait « souhaitable de mener une politique de dialogue et de main tendue en direction de ceux au nom de qui on nous attaque ».

4. « Développer le thème de la nouvelle résistance ». Il faut démontrer que « notre combat d’aujourd’hui s’apparente à celui des résistants d’hier et donner corps à cette thématique en mettant en avant nos anciens résistants et les motivations qui sont les leurs pour s’engager à nos côtés ».

5. « Contre-attaquer les médias ».

6. « Éviter de donner prise à la diabolisation » dans le but « d’accroître le fossé qui sépare ce qu’on dit sur nous de ce que nous sommes. À cette fin, le vocabulaire d’avant-guerre doit être proscrit et surtout tous les propos qui peuvent être interprétés comme des manifestations de racisme ou d’antisémitisme. La ligne des journaux proches du Front national devrait être revue en conséquence ».

7. « Accroître l’invraisemblance d’un Front national prétenduement [sic] fasciste ».

Cette note est un témoignage particulièrement instructif sur une version de la dé-diabolisation, et, plus largement, sur une certaine manière d’être d’extrême-droite en France, en 1992 et au-delà. On remarque d’abord qu’elle est entièrement centrée sur la question de la communication. Le FN n’aurait pas à faire évoluer ses positions mais simplement à mieux les présenter. Evidemment, sur certains points, ça grince encore. L’anti-sémitisme n’est pas critiqué en tant que tel ; il suffit d’éviter les propos qui pourraient être interprétés comme anti-sémites. Mégret ne nomme pas les Juifs ; il ne répugne pas à utiliser la formule habituelle des « lobbies », elle-même anti-sémite. L’objectif est de « mettre en porte-à-faux » le « lobby juif ». Autre exemple : la condamnation du régime de Vichy est relativisée par le discours de « réconciliation nationale », c’est-à-dire la réconciliation entre résistants et collabos.

La note traduit une remarquable continuité dans l’histoire du FN/RN qui est probablement un des principaux axes de son identité : être un parti extrémiste de droite tout en refusant ce qualificatif d’extrémiste, considéré comme injurieux et renvoyé à d’autres organisations, pour la plupart des groupuscules.

Il était cependant évident que le point 6, centré sur la question de la dé-diabolisation (« éviter de donner prise à la diabolisation »), en dépit de ses précautions (l’origine extérieure de la diabolisation), ne pouvait manquer d’apparaître comme une remise en cause des provocations de Le Pen lui-même, et ne visait en réalité à rien d’autre qu’à l’affaiblir.

Tout cela ne signifie pas que la version Mégret de la dé-diabolisation soit la même que celle de Marine Le Pen. En 2020, interrogé par Le Point sur ce qui semble être une certaine « banalisation » du Rassemblement National, Mégret répond, pour le regretter, que l’extrême-droite ne se distingue plus de la droite :

« La dédiabolisation du parti ne l’a-t-elle pas banalisée ?

J’ai toujours préconisé la dédiabolisation, mais pour moi elle consistait à en finir avec les provocations sulfureuses et les dérapages verbaux. Car, au-delà, il faut tenir le discours de la rupture avec le système. »

S’imaginer, la ligne de Marine Le Pen devenue dominante au RN, que les versions antérieures de critique de la diabolisation (JM Le Pen) ou de dé-diabolisation (Mégret) se seraient purement et simplement effacées, est une vue de l’esprit. En réalité, les trois versions continuent à co-exister dans l’extrême-droite, à l’intérieur comme à l’extérieur du RN.

Marine Le Pen face à ses diables

La stratégie de conquête du pouvoir de Marine Le Pen – car il n’existe pas dans son cas d’équivoque ; elle veut conquérir le pouvoir, et pas seulement profiter de la bonne vie politique ! – s’appuie donc sur une nouvelle version de la dédiabolisation.

Cette dédiabolisation selon Marine Le Pen est plus tenace que les précédentes et plus sincère sur un point. Le succès de cette politique est tel qu’elle arrive à convaincre une partie de l’opinion publique, mais aussi certains de ses adversaires et de ses concurrents, comme le montre la citation de Mégret, que le RN est devenu un parti comme les autres.

Dans la liste de la dédiabolisation mégrétiste, figuraient les grands standards de l’extrême droite : le fascisme, l’extrême-droite elle-même, la collaboration avec les nazis, le racisme, l’antisémitisme. Sur ce dernier point, Mégret, qui avait de bonnes raisons de se méfier de Le Pen, antisémite pathologique, restait prudent jusqu’à l’hypocrisie. Il préconisait, comme on l’a vu, au point 3 :

3. « Mettre les lobbies en porte-à-faux ». Il serait « souhaitable de mener une politique de dialogue et de main tendue en direction de ceux au nom de qui on nous attaque ».

En général, la dé-diabolisation de Marine Le Pen s’inscrit dans la continuité de celle de Bruno Mégret. Elle s’applique, en particulier, à éviter le vocabulaire « d’avant-guerre ». On remarque qu’elle n’élargit pas le champ de ce qui doit être dédiabolisé, confirmant ainsi la remarquable continuité FN/RN sur les questions d’immigration et de sécurité.

Mais il y a un point important où elle tranche avec Mégret, c’est sur la question de l’antisémitisme. Marine Le Pen n’est pas antisémite. Et il lui apparait clairement, ainsi qu’à ses proches, que l’antisémitisme est le sujet le plus brûlant, le centre de l’illégitimité du FN.

Louis Aliot, vice-président du FN et député européen, donne de ce changement d’orientation une interprétation curieuse, purement utilitariste ou tactique: « La dédiabolisation ne porte que sur l’antisémitisme. En distribuant des tracts dans la rue, le seul plafond de verre que je voyais, ce n’était pas l’immigration, ni l’islam… D’autres sont pires que nous sur ces sujets-là. C’est l’antisémitisme qui empêche les gens de voter pour nous. Il n’y a que cela… À partir du moment où vous faites sauter ce verrou idéologique, vous libérez le reste (..). » (Entretien du 6 décembre 2013, in Valérie Igounet, Le Front national de 1972 à nos jours, Paris, Seuil, p. 420).

Marine Le Pen apporte une crédibilité certaine à ce changement, d’abord en s’opposant plusieurs fois à son père dès 2009, puis en l’expulsant du Front national, précisément sur cette question.

Le 24 avril 2008, le magazine Bretons publie une interview de Jean-Marie Le Pen dans laquelle le président du Front national réitère ses propos sur les chambres à gaz qui lui avaient valu une condamnation à 183 200 euros pour banalisation des persécutions nazies.

Le 25 avril 2008 Marine Le Pen déclare sur BFM-TV, qu’elle « ne partage pas sur ces évènements la même vision » que son père.

Le 21 janvier 2009 : la Cour d’appel confirme la condamnation de Jean Marie Le Pen à trois mois de prison avec sursis et à une amende de 10 000 euros pour ses propos dans une interview au journal Rivarol en janvier 2005 et tendant à minimiser les crimes commis par les nazis sous l’Occupation.

Le 4 février 2009 : la Cour de cassation rejette le pourvoi formé par Jean Marie Le Pen, rendant définitive sa condamnation à 10 000 euros d’amende pour provocation à la discrimination raciale, pour des propos sur les musulmans de France tenus en avril 2004 à Rivarol.

Le 27 mars 2009 : Marine Le Pen, se démarquant des propos tenus récemment par son père, devant le Parlement européen, déclare : « Non, je ne pense pas que cela soit un détail del’histoire […] Je dis ce que j’ai toujours dit : je ne partage pas sur ces événements la même vision que mon père ».

Marine Le Pen est élue présidente du Front national, en janvier 2011.

Le 20 août 2015, le bureau exécutif du Front national se réunit pour sanctionner un nouveau dérapage de Jean-Marie le Pen, en date du 4 avril 2015. Après délibération, ce bureau exécutif choisit à la majorité d’exclure le cofondateur du parti.

Assurer la maintenance de la dé-diabolisation

L’exclusion de Jean Marie Le Pen, le changement de nom du parti devenu « Rassemblement National » ne sont pas des opérations purement symboliques. Aux différentes étapes de la dédiabolisation correspondent en effet différentssédiments idéologiques au sein du RN – dans le sens où dirigeants et membres se rattachent plutôt à telle ou telle conception de la dé-diabolisation, caractéristique de telle ou telle étape – et qui co-existent dans la perspective de la prise du pouvoir. Il faut donc faire vivre cette coexistence des diverses dédiabolisations, dans une extrême droite très réfractaire au pluralisme.

La nouvelle direction du nouveau FN doit donc assurer une sorte de maintenance de la dédiabolisation pour garantir sa crédibilité. Sur le plan organisationnel, elle impose d’abord une épuration régulière du parti, relancée par exemple au vu du comportements de certains candidats aux législatives de 2024, mais qui s’avèrera encore incomplète aux municipales de 2026.

Elle favorise aussi une banalisation idéologique toute factice : le discours officiel d’un RN soucieux de montrer qu’il évite les provocations devient terne, insipide, ergoteur. Les petites phrases haineuses, les jeux de langage appréciés par Jean Marie Le Pen émigrent chez Jean Luc Mélenchon. Mais les formulations les plus extrémistes ont toute leur place chez des partenaires extérieurs proches du RN, qui agissent comme ses sous-traitants. Le double langage devient la règle au RN. Par exemple, le thème central de la lutte contre l’immigration, initié par François Duprat dès l’époque d’Ordre Nouveau, continue à structurer l’expression politique du Rassemblement national, cependant que le « grand remplacement » est diffusé explicitement à l’extérieur du RN par Renaud Camus, Marion Maréchal, Zemmour, Rioufol, Ménard (1). Bolloré en est venu à s’intégrer à ce dispositif, assumant sans vergogne son rôle de caissier de la propagande d’extrême droite.

Rassemblement national ou Front national, le parti des Le Pen reste un groupe d’extrême droite.

Tactiquement, le virage bienvenu de Marine Le Pen sur la question de l’antisémitisme lui permet d’engranger tous les bénéfices de la dédiabolisation, et de crédibiliser une opération de communication limitée, inscrite dans la continuité du Rassemblement National avec le Front National.

La dédiabolisation version Marine Le Pen a atteint son objectif: un parti d’extrême droite renouvelé, plus crédible, mais conforme à la ligne, la stratégie et l’idéologie du Front national, et, surtout, plus près que jamais d’accéder au pouvoir.

Notes

  • Voir d’autres exemples du double langage du RN dans notre article « Comprendre et critiquer la dé-diabolisation »

Sources

Alexandre Dezé : « La « dédiabolisation ». Une nouvelle stratégie ? » in Les faux-semblants du Front national, sous la direction deSylvain Crépon, Alexandre Dézé etNonna Mayer 2015 Presses de Sciences Po

Alexandre Dezé : « L’illusion d’un changement Ou comment le Front national n’est pas devenu un « nouveau » parti », Réinventer les partis politiques Savoir/Agir 2015/2 N° 32 Éditions du Croquant

Extraits de cet article

« Depuis que Marine Le Pen a été élue présidente du Front national en janvier 2011, l’idée selon laquelle le FN serait devenu un « nouveau » parti s’est imposée comme une véritable doxa dans le champ médiatique. Pour nombre d’observateurs, cette transformation supposée serait liée à la stratégie de « dédiabolisation » mariniste et expliquerait en grande partie le succès actuel du parti. »

« La stratégie de « dédiabolisation » de Marine Le Pen a été présentée comme s’il s’agissait d’une nouveauté au FN. Or, il est important de rappeler que la « dédiabolisation » fait partie du répertoire stratégique ordinaire du parti. Le développement électoral de l’entreprise frontiste s’est en effet toujours doublé d’un travail de « respectabilisation » dans le but d’attirer de nouveaux soutiens. C’est ce travail que Marine Le Pen a décidé de relancer en janvier 2011 dans le but, selon ses propres termes, de « transformer le Front national » pour en faire un « parti renouvelé, ouvert, efficace », un « instrument puissant […] de conquête du pouvoir » .

Alexandre Dezé : Le nouveau FN de Marine Le Pen » (lemonde.fr, 7 septembre 2011) ; « Marine Le Pen esquisse les traits d’un “nouveau” Front national » (lefigaro.fr, 25 avril 2012) ; « Laurent Lopez ou la victoire du nouveau FN » (bfmtv.fr, 13 octobre 2013) ; « Les nouveaux visages du Front national » (leparisien.fr, 1er avril 2014)

Valérie Igounet : « Le Front National de 1972 à nos jours ». Seuil 2014.

Valérie Igounet « La dédiabolisation, c’est quoi au juste ? »

https://blog.francetvinfo.fr/derriere-le-front/2015/06/26/la-dediabolisation-cest-quoi-au-juste.html

Francis Linart : « Dédiabolisations au FN/RN » (dont nous avons repris de larges extraits) https://lesobscurs.com/2024/10/16/dediabolisations-au-fn-rn/

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